Tout a été dit ou presque sur le discours de François Hollande au Bourget, ses propositions, ses prises de position, etc.
Aussi, ai-je décidé de m’intéresser non pas à ce que j’avais entendu dimanche 22 janvier, mais à ce que j’avais vu.
Après tout, si l’équipe de campagne de François Hollande a fait appel à André Loncle pour réaliser la mise en scène et filmer ce meeting, c’est peut-être que le visuel se voulait signifiant. Une dizaine de personnes et sept caméras ont été mobilisées pour fournir un travail de qualité, comme on pouvait le lire dans Le Parisien (http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/hollande-9-000-chaises-450-journalistes-1-candidat-pour-un-meeting-22-01-2012-1823502.php).
Le décor
Il n’y a pas grand-chose à dire sur le fond de décor bleu de France, avec drapeaux européens et français accolés. On remarquera seulement que le pupitre blanc et l’écriture rouge du slogan “Le changement, c’est maintenant” et de “François Hollande” complétaient le dispositif. Pour son premier grand meeting, le candidat du Parti socialiste s’est donc exprimé dans un décor bleu-blanc-rouge, comme s’il n’était plus seulement le candidat du parti à la rose…
Un décor loin des codes couleurs traditionnels de la gauche, rose, rouge, peut-être pour atténuer l’effet suscité par un discours marqué clairement à gauche.
Dans la salle également, peu de rouge et de rose, beaucoup de blanc, de jaune, sur les t-shirts et les drapeaux.
La réalisation
Le réalisateur a réussi à rendre vivant un discours de près d’une heure et trente minutes. Pour cela, il a habilement alterné deux gros plans de François Hollande, l’un incluant le haut du pupitre, l’autre non, et un grand nombre de plans de coupe (347) sur l’assistance et les différentes personnalités qui la composaient.
Il a également fréquemment utilisé les mouvements de caméra, avec de lents panoramiques d’une caméra placée en hauteur, la plongée montrant un homme seul sur scène face à la foule des militants (image suivante), comme pour suggérer la difficulté de l’exercice et le poids terrible pesant sur ses épaules. La même remarque peut être faite quand à l’utilisation de zooms arrière réalisés par une caméra située à l’extrêmité de la scène, filmant Hollande de profil, un mur de militants devant lui.
Une réalisation soignée, donc. Esthétique, pourrait-on dire. Efficace, à coup sûr.
Les plans de coupe
L’efficacité de la réalisation tient également beaucoup à l’utilisation de nombreux plans de coupe (347), permettant de rythmer le discours du candidat.
Ces plans, dans leur immense majorité, 228, donnaient à voir la foule anonyme des militants. De nombreux plans d’ensemble permettaient de créer une impression de nombre, un effet de masse. Le réalisateur a également utilisé les mouvements de caméra pour amplifier le mouvement des militants eux-mêmes, agitant drapeaux et pancartes, frappant dans leurs mains, etc.
228 plans ont donc montré cette foule rassemblée face, ou autour, selon les différents angles de vue, de François Hollande.
Les 119 plans de coupe consacrés à montrer des personnalités politiques, ou non, nous renseignent sur ceux qu’il fallait montrer, et sur ceux qu’il fallait moins montrer…
Les anciens candidats à la présidentielle
Si l’on a beaucoup vu Lionel Jospin au début du discours de François Hollande, il a rapidement disparu des écrans, pour n’apparaître que dans quelques plans aux côtés de Martine Aubry. Il faut dire que le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2002 a semblé peu goûter un discours à contre-pied de sa stratégie de campagne, François Hollande affirmant d’emblée : “Je suis socialiste”. Et son agacement était palpable…
Au final, on aura vu Lionel Jospin dans 13 plans, un de plus que Jean-Michel Baylet.
Quant à l’ancienne compagne de François Hollande et précédente candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal, les caméras l’auront soigneusement évitée, ne la filmant qu’à 4 reprises, soit autant que Gérard Darmon et Laurent Fabius, mais deux fois plus que… Jack Lang.
Du passé faisons table rase.
Ceux que l’on a beaucoup vu
Outre Martine Aubry (18 plans), les deux vedettes de ce meeting furent incontestablement Manuel Valls (18 plans) et surtout Arnaud Montebourg (24 plans). Les deux hommes seront sans doute respectivement le pilier droit et le pilier gauche de la campagne de François Hollande. Très enthousiastes, souvent debout, souvent souriants, ils ont fait la claque durant tout le discours.
On a également beaucoup vu le chanteur Benjamin Biolay (9 plans), placé à côté de Valérie Trierweiler, actuelle compagne de François Hollande.
François… Mitterrand ?
Pas besoin d’une fine analyse politique pour comprendre que François Hollande souhaite inscrire sa campagne dans le sillon d’un autre François.
On se souviendra, par parenthèse, que François Mitterrand avait lancé sa campagne de 1988 par un grand discours au Bourget censé mobiliser l’électorat de gauche, précédé d’une première partie animée notamment par Catherine Lara et Charles Trenet (http://www.dailymotion.com/video/xfcx13_meeting-mitterrand_news).
Mais revenons à François Hollande. Si l’on a beaucoup vu sa compagne, Valérie Trierweiler (17 plans), on a également beaucoup vu sa voisine de gauche, Mazarine Pingeot (16 plans), fille de François Mitterrand, et symbole vivant de continuité de la Mitterrandie.
Comme une famille recomposée…
Le message subliminal était-il : “Mazarine, je suis ton père” ?








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Wow! Chapeau pour le billet!
Merci